Aujourd’hui, on ne peut plus se permettre de se reposer sur ses lauriers. On est beaucoup plus attentif aux projets qui se présentent et on opère une grosse
sélection en matière d’appels d’offres pour avoir le plus de chances de le remporter… »

Cette déclaration est celle d’un grand promoteur actif à Bruxelles et dans le Brabant wallon. Elle illustre la concurrence féroce qui sévit aujourd’hui dans le monde
de l’immobilier en matière de constructions neuves auxquelles nous consacrons notre dossier. Depuis la crise de 2008-2009, et grâce à des taux hypothécaires qui restent
bas et qui rendent la brique plus intéressante que jamais, de nombreux acteurs, parfois petits, se sont lancés dans la bagarre et ce d’autant que le marché immobilier reste d’une très grande stabilité en Belgique.

 

Le neuf attire donc de plus en plus d’acteurs et c’est tant mieux puisque l’on sait que Bruxelles, notamment, manque de logements pour les dix ou vingt années à venir.
Mais il reste confronté à deux problèmes majeurs : la lenteur des permis de bâtir et la hausse constante des prix du foncier, en raison notamment de la concurrence évoquée
plus haut entre les promoteurs. Elément dont profitent évidemment les propriétaires de terrain…

Or, qui dit terrains plus chers, dit aussi obligation pour le promoteur d’augmenter les prix de vente de ses logements pour absorber celui qu’il a déboursé pour acheter le terrain.
Raison pour laquelle peu de promotions immobilières en Belgique concernent des logements moyens ou abordables.

Et là, ça coince avec le client qui n’a pas toujours les moyens suffisants pour devenir propriétaire, voire locataire. « A terme, cela pourrait poser problème car s’il y a toujours plus de projets
neufs et moins d’acheteurs potentiels, les prix risquent de stagner, voire de baisser »
, explique Philippe Sallé, directeur de projets chez BPI.

Une solution consiste à trouver des montages financiers pour favoriser l’acquisition. Une espère de « leasing immobilier », où l’acheteur débourserait un petit montant au départ
et verserait ensuite des annuités assorties d’intérêts pour se voir proposer, après 18 ans, une option d’achat du bien. « Cela permettrait aux promoteurs de ne pas construire moins cher,
mais l’acheteur verrait son paiement étalé dans le temps
, précise Philippe Sallé. Le milieu de la promotion réfléchit à ce type d’arrangements, mais aussi à d’autres solutions… »

Source: http://www.lesoir.be/1471107/article/economie/immo/2017-03-29/construire-du-neuf-mais-quel-prix